Pétition publique française

Pour le plurilinguisme au Baccalauréat, aux concours d’entrée des Grandes Écoles et dans l’ensemble des cursus universitaires

Dans cette période de crise, des menaces pèsent sur l’offre des langues dans le système éducatif français et des décisions lourdes de conséquences semblent en passe d’être prises concernant les cursus post-bac. Le GERES, en tant qu’association engagée dans la promotion de l’espagnol et la défense du plurilinguisme, diffuse cette pétition à l’ensemble de sa communauté.

 

Nous demandons que l’apprentissage de deux langues vivantes étrangères soit rendu obligatoire :

 

1) dans la totalité des sections préparant au baccalauréat (général ou technologique), ainsi que les classes préparant aux BTS, en débouchant sur une épreuve obligatoire.

 

2) dans toutes les classes préparatoires, y compris scientifiques, et que plusieurs langues soient proposées, y compris en langue 1, pour tous les concours d'entrée aux grandes écoles et écoles d'ingénieurs.

 

3) dans tous les cursus post-bac au niveau des études en Grandes Écoles et des études universitaires dans leur ensemble où, par ailleurs, le français doit rester la langue d’enseignement de référence.

 

Les raisons de cet appel

Personne ne prétendra que l'anglais ne doit pas être appris, mais sa situation en France n'a pas besoin d'être renforcée au détriment de toutes les autres langues vivantes étrangères et du français. Imposer le « tout-anglais » aux concours et proposer des cursus entièrement en anglais sous prétexte d’ouverture internationale, cela signifie à terme imposer l’anglais comme unique langue de communication et de recherche pour se soumettre aux représentations anglo-américaines du monde en se fermant à d’autres influences.Imposer l'anglais comme seule première langue, voire comme seule langue possible, est une dérive que nous dénonçons.

 

Aujourd’hui, l'anglais ne suffit plus à faire la différence (un certain nombre de rapports nationaux et internationaux l’ont bien prouvé) : c'est de profils diversifiés dont notre pays a besoin, valorisant les origines de chacun, s'enrichissant de toutes les individualités linguistiques, en leur offrant une reconnaissance et un moyen de s'épanouir à tous les niveaux. L’anglais reste une obligation, mais c’est la maîtrise d’une autre langue qui fait la différence dans le monde professionnel. Notre système éducatif doit favoriser l’employabilité en formant nos jeunes pour une meilleure insertion dans le marché du travail.

 

La mondialisation, pour la France, c'est d'abord une Europe plurilingue, avec laquelle les échanges sont plus denses que jamais et ne cessent de s’intensifier ; cette globalisation, c'est aussi l'opportunité de nouvelles coopérations avec d’immenses pays, comme le Brésil  ou la Chine, ou le vaste monde hispano-américain avec lequel la France entretien, depuis toujours, des relations privilégiées. Enfin, n’oublions pas la Francophonie : à trop valoriser la seule langue anglaise, c’est la langue française que nous dévalorisons aux yeux du monde, et la relation que de nombreux pays entretiennent avec le nôtre par une langue commune !

 

La mobilité future de nos diplômés, leur efficacité professionnelle, ne peuvent se faire uniquement grâce à l'anglais, car c'est en s’initiant à plusieurs langues qu’on fait l’expérience de la diversité des cultures. Dans les cours de langue vivante, on découvre d’autres codes, d’autres rythmes, d’autres références : quelle meilleure préparation à de réels échanges ? Quelle meilleure assurance de collaborations fructueuses ? Quel meilleur outil d’insertion sociale et professionnelle ? Quel meilleur atout pour conquérir de nouveaux marchés ? La réussite repose sur la possibilité d’appréhender le partenaire dans sa globalité, le contact direct dans la langue de son interlocuteur crée une qualité relationnelle qui s’avère positive dans tous les domaines.

 

Alors que nous disposons encore de la ressource suffisante en enseignants, il faut que notre pays maintienne et développe la pluralité des langues qui sont offertes dans les cursus préparatoires, dans les concours et les examens, comme dans toutes les formations dispensées par les écoles d'ingénieurs, les écoles de commerce et les écoles militaires. Ne pas proposer plusieurs langues aux concours équivaudrait à nier le travail effectué dans le secondaire et les acquis souvent très solides des élèves au sortir de la terminale... et entraînerait à terme la disparition d’une partie importante de la diversité de ces enseignements en amont. Pourquoi se priver de telles compétences, quand des double-diplômes, des cursus intégrés et des universités binationales les mettent à profit et prennent alors une réelle valeur internationale ?

 

Si vous partagez tout ou partie de cette analyse, si vous souhaitez exprimer vos préoccupations face aux évolutions de l’offre linguistique qui semblent se dessiner, si vous pensez que ce grand pays qu’est la France mérite l’adoption d’une politique inclusive et plus ambitieuse de formation en langues étrangères, signez la pétition en ligne à l’adresse suivante :

 

http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2013N38649

 

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